Version digitale de 496 pages, demander à "serge.kollwelter@education.lu"
... en passant
Bonjour - Moien au risque de vous ennuyer avec mes remarques et autres contributions sur ceci et sur cela, allons-y, plongeons dans cette réalité grand ducale ( i.e. Grand-Duché de Luxembourg), partageons et discutons- en ! Serge
mercredi 15 juillet 2026
vendredi 20 mars 2026
Déclaration urgente des responsables du pays
20 mars 2026, veille du Festival
A l’occasion d’un raout ce weekend et en tant que responsables du pays nous mettons les bouchées doubles en matière d’accueil et d’intégration en procédant à un changement de paradigme. Si à ce jour il était question de Härz a Verstand, le coeur cédera la place au Verstand: il s’agit simplement de faire oublier le coeur froid qui a trop marqué notre politique. Nous voulons faire oublier les déclarations de quelques membres de l’équipe déformées par une presse malvaillante. Au lieu d’analyser notre politique inexistante, les médias ont fait état de notre joie pour chaque réfugié non venu, pour notre dégoût des jeunes hommes ukrainiens fuyant la guerre au lieu de se battre, de la déformation de l’avis de la commission consultative des droits de l’homme sur la mendicité.
Pour mettre les compteurs à zéro, ces membres sont allés à confesse.
La présente déclaration est placé sous le règne de la RAISON :
1. la cohésion sociale et le vivre ensemble seront sauvés par la déclaration de l’état d’urgence en matière de logement et la mise en place d’un plan d’action gigantesque de construction de logements.
2. il nous importe de permettre une vie familiale aux réfugiés, les délais pour répondre à une demande de regroupement familial passeront des 35 mois en pratique aux 9 mois prévus par la loi.
3. le souci de cours obligatoires de langues pour réfugiés prévu depuis novembre 2023 , va démarrer.
4. Un plan pour construire et rénover des structures d’hébergement pour réfugiés est prêt.
5. pour garantir une répartition des réfugiés à travers le pays, un accord avec le Syvicol est opérationnel
6. un projet de loi pour une couverture universelle des soins de santé sera déposé.
Ces 6 constituants de notre offensive de la RAISON , prévus pour l’essentiel déjà dans notre accord de coalition, vont - enfin- démarrer le 1 avril.
Les responsables du pays
jeudi 19 mars 2026
Umgang mit Flüchtlingen: Rauer Ton, rauere Taten
Joël Adami | 19.03.2026 WOXX
Der Ton in Bezug auf Flüchtlinge wird immer rauer. Max Hahn und Léon Gloden spucken rechtspopulistische Töne und ignorieren dabei das internationale Recht.

Flüchtlinge zu unterstützen ist wohl nur dann kein Problem, wenn sie in einem Lager weit weg von Luxemburg sind, wie Außeminister Xavier Bettel in Malawi zeigte. (Foto: MAE Luxembourg)
Familienminister Max Hahn (DP) macht Wahlkampf für die rechtsextreme ADR. Davon zeugen Sprüche wie die Aussage, dass man froh über jede*n Flüchtling sei, der nicht nach Luxemburg kommen. Die tätigte Hahn letzte Woche in einem Interview mit dem „Luxemburger Wort“. Kontext war der Krieg im mittleren Osten: Wie auch andere europäische Politiker*innen will Hahn offenbar keine oder möglichst wenige Flüchtlinge, etwa aus dem Iran, aufnehmen. Dabei gibt es in dem Land laut dem Flüchtlingshilfswerks UNHCR der Vereinten Nationen bereits 3,2 Millionen Binnenflüchtlinge. Im internationalen Recht wie der Genfer Flüchtlingskonvention gibt es aber keine Ausnahmen für Stimmungsschwankungen von Politiker*innen. Es ist ganz klar: Wer vor Krieg und Verfolgung flüchtet, hat ein Recht auf Asyl.
Der ADR gefallen solche Aussagen natürlich sehr gut. „Gut, dass keiner von uns dieser Aussage getroffen hat, dann hätte es wieder geheißen, das sei fremdenfeindlich“, amüsierte sich der Abgeordnete Dan Hardy auf dem Kongress der Partei. Natürlich könnte man Hahn so lesen, dass er nicht will, dass es Kriege gibt oder Menschen verfolgt werden. Doch weder er noch die Wähler*innen, die er mit der Aussage ansprechen wollte, sind naiv. Wer als hochrangiger Politiker in der größten Tageszeitung des Landes eine solche Aussage tätigt, weiß ganz genau, was er sagt. Die Zustände in den Flüchtlingsunterkünften, die Hahn mit gespielter Hilfslosigkeit verteidigt, sind politisch gewollt – Geld ist schließlich da, es wird nur für Aufrüstung und KI-Fabriken ausgegeben („La vie dans les hébergements“; woxx 1839).
Auch der CSV-Innenminister Léon Gloden steigt gerne für die ADR in den Ring. Im Interview mit „Paperjam“ behauptete er, Flüchtlinge kämen aus dem nahen Grenzgebiet in Frankreich nach Luxemburg, um hierzulande Drogen zu verkaufen. Auch wollte er im Februar ukrainische Männer lieber zurück an die Front schicken. Dabei gab es in den letzten 15 Jahren eine Reihe von Urteilen hoher Gerichte, die die Rechte von Deserteur*innen auf Asyl gestärkt haben. Als Jurist weiß Gloden das sicherlich – er fischt, genau wie Hahn, im rechten Wähler*innenbecken.
Mittlerweile ist das Schengen-Abkommen nur noch ein schlechter Witz, und das Mittelmeer bleibt weiterhin ein Massengrab.
Ist das nun ein besonders harter rechter Kurs der DP-CSV-Regierung? Das könnte man meinen, die Realität ist aber leider, dass solche Wortmeldungen durchaus Tradition haben. 2017 sprach die damalige Integrationsministerin Corinne Cahen (DP) von Asylsuchenden aus vermeintlich „sicheren“ Herkunftsländern als „déi, déi eis Misär maachen“. Auch der damalige Arbeitsminister Nicolas Schmit (LSAP) schürte Ängste vor Afrikaner*innen, die Asyl suchen und forderte eine weitere Abschottung Europas.
Im letzten Jahrzehnt wurde alles gemacht, um die EU-Außengrenzen tödlicher zu gestalten. Dies immer mit dem Argument, dann könnten die Binnengrenzen offen bleiben. Mittlerweile ist das Schengen-Abkommen nur noch ein schlechter Witz, und das Mittelmeer bleibt weiterhin ein Massengrab. Allein letztes Jahr sind laut dem UNHCR mindestens 1.952 Menschen auf der Flucht über das Mittelmeer gestorben. Das auch, weil lebensrettende Maßnahmen wie die Seenotrettung aktiv unterbunden werden. Die EU finanziert währenddessen lieber kriminelle Banden, die auf Schiffe von NGOs schießen („Schüsse auf Seenotretter“; woxx 1851).
Die harten Worte werden auch in Luxemburg mit der Umsetzung des EU-Migrationspakts zu Taten: Wer aus vermeintlichen „sicheren Drittländern“ stammt, muss ein schnelleres Verfahren über sich ergehen lassen. Für Homosexuelle aus den „sicheren Drittländern“ Ghana und Senegal heißt das: Obwohl Homosexualität in ihren Heimatländern illegal ist, müssen sie im Schnellverfahren beweisen, dass sie Recht auf Asyl haben. Aber von einer Regierung, die vorsieht, in bestimmten Fällen sogar Kinder einzusperren, kann man ohnehin kaum noch Menschlichkeit erwarten.
Lettre ouverte de la CCDH au Ministre des Affaires intérieures
Crée le
Forces de l’ordre et droits de l’Homme
Traite des êtres humains
La Commission consultative des Droits de l'Homme (CCDH) a adressé une lettre ouverte au Ministre des Affaires intérieures au sujet de ses propos récents concernant les recommandations de la CCDH dans le contexte de la lutte contre la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains.
"Monsieur le Ministre,
La [CCDH] vous écrit à propos de vos mentions du 5ᵉ rapport sur la traite des êtres humains que la CCDH a publié en tant que rapporteur national sur la traite des êtres humains le 29 janvier 2026. Vous vous y êtes en effet référé à plusieurs reprises et vous affirmez, plus précisément dans votre réponse à la question parlementaire n°3741 du 9 mars 2026, que vous vous engagez à lutter contre la criminalité organisée en suivant les recommandations de la CCDH, notamment par un renforcement des effectifs, une approche multidisciplinaire et un échange international d’informations.
La CCDH salue votre intention de suivre les recommandations du rapporteur national et s’attend à ce que l’ensemble de ses critiques et recommandations soient mises en œuvre. La CCDH a notamment souligné la nécessité d’une coopération transfrontalière et d’une approche multidisciplinaire, en insistant sur le fait que celles‑ci doivent viser la réduction de la précarisation des personnes, l’application rigoureuse du principe de non‑punition des victimes potentielles de traite et la prise en compte systématique des vulnérabilités. Dans son rapport, la CCDH indique aussi que « [l]es débats publics autour de la mendicité sont souvent fortement politisés et basés sur des stéréotypes discriminatoires, alimentant la stigmatisation et la précarisation des populations ciblées. Des amalgames dangereux sont fréquemment faits entre mendicité simple, forcée, organisée ou agressive. Les mesures législatives et réglementaires prises à ce jour ne sont ni basées sur les droits humains, ni sur la lutte contre la traite des êtres humains. Elles suivent avant tout une logique sécuritaire, pénalisant davantage les victimes potentielles, et continuent à être maintenues malgré leur inconstitutionnalité et inconventionnalité apparente ».
La CCDH est donc quelque peu étonnée d’apprendre que vous estimez que la CCDH approuverait des patrouilles conjointes, impliquant la présence d’officiers de police roumains sur le territoire luxembourgeois, comme moyen adéquat pour lutter à la fois contre la mendicité forcée (qui constitue une forme de traite) et la mendicité organisée (qui n’en relève pas forcément et ne devrait pas, en tant que telle, être répréhensible). En ciblant de surcroît spécifiquement une partie de la population par cette mesure que vous qualifiez de « dissuasive », vous risquez d’alimenter les risques d’amalgames et de stigmatisation précités. De plus, sachant que la lutte contre la traite passe avant tout par la mise en place d’une protection effective des victimes potentielles, cette mesure principalement répressive – qui ne semble par ailleurs pas s’inscrire dans une approche multidisciplinaire – risque de s’avérer contre‑productive et contraire aux recommandations du rapporteur national, du Groupe d’expert sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) ou encore des rapporteurs spéciaux des Nations Unies.
Il nous importe dès lors de souligner que vos références aux recommandations de la CCDH sont le résultat d’une simplification maladroite et hors contexte de ce que la CCDH a écrit dans ses récents rapports sur la traite des êtres humains qu’elle a exposé à la Chambre des Députés. Sans vouloir entrer dans les détails, nous vous invitons de même que tout autre acteur ayant pris part à cette décision à relire le rapport que la CCDH vous a adressé dans le cadre de son rôle de rapporteur national sur la traite des êtres humains. Vos propos, Monsieur le Ministre, illustrent les préoccupations que la CCDH y exprime.
Cela étant, la CCDH vous invite à vous inspirer avec précision et sérénité des positions de la CCDH qui se fondent sur les droits humains afin de développer les mesures que vous entendez prendre. Elle reste bien évidemment à votre disposition pour tout échange à cet égard.
Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération distinguée."
Pour plus d'informations sur la mission de la CCDH en tant que rapporteur national sur la traite des êtres humains, ainsi que sur ses recommandations adressées au gouvernement et au parlement en la matière, elle renvoie à son 5e rapport sur la traite des êtres humains portant sur les années 2023-2024.
vendredi 13 mars 2026
lecture critique du Plan d'action national contre la pauvreté
« An dann huet een [an där Etüd vu virun e puer Joer] gesinn, dass
bei engem ganz groussen Deel vun de Mënschen [aus dem Réidener Kanton]
den Un- deel vum Loyer […] tëschent 60 a 75 % vun deem ausgemaach huet,
wat de Revenu war, deen d’Leit haten. »
Raoul Schaaf, président du Comité national de dé- fense sociale (CNDS), sur RTL le 15 décembre 20251
Plutôt
que de résumer le Plan d’action national pour la prévention et la lutte
contre la pauvreté (PANPLP) qui contient de nombreuses propositions et
avancées et que le lecteur peut découvrir facilement2, voici un aperçu
des huit principaux axes stratégiques :
- accès aux droits et aux services sociaux ;
- aides et prestations sociales ;
- logement et énergie ;
- santé et sécurité sociale ;
- éducation et enfance ;
- formation continue et apprentissage tout au long de la vie ;
- activation et emploi ;
- cohésion
Même
si ledit plan n’est pas un document acadé- mique, on peut regretter
qu’il ne se réfère qu’à quelques aspects quantitatifs du Panorama social
de la Chambre des salariés3 et des rapports Travail et cohésion sociale
du Statec4. Christophe Butterwegge, chercheur sur la pauvreté que feu
Caritas avait invité à Luxembourg, aurait pu également avoir droit de
cité. Dans une interview accordée au Luxemburger Wort, il expliquait : «
Die Wirtschaftsstrukturen, die Eigentumsverhältnisse und die
Verteilungsmecha- nismen in der Gesellschaft müssen verändert wer- den.
In einer marktwirtschaftlich-kapitalistischen Gesellschaft besitzt eine
kleine Minderheit das Pro- duktivvermögen und die große Mehrheit verfügt
hauptsächlich über ihre Arbeitskraft, die sie gegen Lohn anbietet. Das
ist aber schwierig, wenn man gesundheitliche Probleme oder keine
Ausbildung hat. Armut ist kein individuelles Schicksal, sondern
Aucune
ambition dans le PANPLP quant à un pourcentage minimal de logements
abordables par commune, alors que l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher
(OKAJU) demande carrément l’instauration d’un quota !
ein
strukturelles Problem. Sie kann nur als Teil der wachsenden sozialen
Ungleichheit verstanden und bekämpft werden. […] Wer vom Reichtum nicht
reden will, soll auch von der Armut schweigen. Und wer die Armut wirksam
bekämpfen will, muss den Reichtum antasten5. »
Le plan du
gouvernement fait l’impasse sur cette façon de voir ; pire encore, une
mesure pécuniaire comme l’augmentation des allocations familiales –
facile à mettre en place, mais prévue seulement pour 2027 – sera
attribuée à tout le monde, à raison de 45 euros supplémentaires par mois
pour les en- fants de moins de 12 ans et de 60 euros pour les ado-
lescents. 1,1 milliard d’euros a été alloué en 20236 à 201 455 enfants
bénéficiaires. En retenant une aug- mentation moyenne de 50 euros par
enfant et par mois, on arrive à un chiffre arrondi de 10 millions. En
2023, les données du Statec7 faisaient état de 23,9 % des enfants vivant
dans des ménages exposés au risque de pauvreté monétaire. Dès lors,
seul un quart des fonds prévus pour l’augmentation des al- locations
familiales contribue effectivement à la lutte contre la pauvreté, alors
que plus de 7 millions re- lèvent du saupoudrage électoral. Beaucoup
d’argent pour peu d’efficacité, même en tenant compte de l’allocation de
vie chère destinée aux familles à faible revenu. Pourquoi ne pas
allouer l’intégralité de ces 10 millions à ces familles ?
La
présente analyse ne se veut pas exhaustive. Je me suis adressé à une
quinzaine d’organisations faisant partie des 54 associations et
organismes listés comme « parties prenantes » et consultés en amont. Ce
serait intéressant de comparer les contributions des uns et des autres
avec ce qui se retrouve finalement dans le PANPLP.
Carrément oubliés
Le
PANPLP reste silencieux sur le sans-abrisme, se limitant à un renvoi
vers un futur plan d’action na- tional spécifique. Or, le 21 juin 2021 à
Lisbonne, le Luxembourg a signé un engagement8 pour que d’ici 2030 :
personne ne dorme dans la rue par manque d’un logement d’urgence accessible, sûr et approprié ;
personne
ne reste plus longtemps que nécessaire dans un hébergement d’urgence ou
de transi- tion avant d’accéder à une solution de logement permanente ;
personne ne quitte une institution sans une offre de logement adéquate ;
les expulsions soient évitées autant que possible et, le cas échéant, accompagnées d’un soutien à la recherche d’un logement ;
personne ne soit discriminé en raison de son statut de sans-abri.
Que de belles ambitions !
Un autre quasi-oubli : la couverture universelle des soins de santé
Selon
l’accord de coalition9, le gouvernement Frie- den-Bettel « se prononce
pour une couverture uni- verselle des soins de santé (CUSS). Il
élaborera les critères précis après une évaluation détaillée du projet-
pilote existant ». Selon le PANPLP, il conviendrait d’« élaborer les
critères précis pour l’accès à une cou- verture universelle des soins de
santé après une éva- luation détaillée du projet pilote existant ».
C’est ce que l’on appelle faire du surplace tout en brassant du vent !
Face
aux nombreux working poor, le salaire social mi- nimum est gratifié
dans le PANPLP de la phrase sui- vante : « Transposer la directive (UE)
2022/2041 re- lative à des salaires minimaux adéquats dans l’UE. »
La
directive aurait dû être transposée le 15 novembre 202410. A ce jour,
il n’en est encore rien. Certes, le projet de loi n° 8437 a été déposé
le 30 août 202411. Or, un projet de loi ne vaut pas transposi- tion,
puisque celle-ci requiert une loi effectivement entrée en vigueur.
Généralement, la Commission européenne introduit rapidement des recours
en manquement contre les Etats en défaut. Cependant, elle n’a encore
entamé aucune procédure contre le Luxembourg, malgré un large
dépassement du délai. Il s’avère qu’en matière sociale, la Commission
est souvent (très) hésitante pour déclencher une pro- cédure, invoquant
la compétence nationale dans ce domaine. Toujours est-il que, par cette
directive, elle est intervenue dans ce domaine.
La digitalisation
A
deux reprises, il est question de digitalisation : d’une part, pour un
accès simplifié au Kulturpass et, d’autre part, pour le recours aux
aides au loge- ment. Cependant, pas un mot sur l’accès des pauvres à
l’équipement requis, ni sur l’accompagnement nécessaire pour en
permettre l’usage, si ce n’est le renvoi à un futur Plan d’action
national d’inclusion numérique.
Traitement égal par les offices sociaux
Dans
des situations identiques, les aides apportées peuvent varier fortement
d’un office social (OS) à un autre. Invoquer l’autonomie des communes,
qui assurent le financement de ces OS, fait fi de l’influence du
gouvernement qui – par le biais du Fonds national de solidarité (FNS) –
rembourse la moitié de leurs dépenses.
Le PANPLP ne dit mot d’une
harmonisation des prestations des OS. Or, si 75 % des familles qui
auraient droit à la subvention de loyer n’y recourent pas12, les OS ne
devraient-ils pas se mobiliser davan- tage à ce sujet ?
Le rôle des communes
Cinquante-deux
communes ont signé un pacte communal du vivre-ensemble interculturel13.
Le PANPLP entend sensibiliser à la thématique de la pauvreté les
coordinateurs de pareils pactes (qui bé- néficient de subsides du
gouvernement) ainsi que les commissions communales du vivre-ensemble
inter- culturel, obligatoires dans toutes les communes. Qui nierait
l’utilité de pareille sensibilisation, qui relève toutefois davantage du
vœu pieux que d’une réelle volonté d’agir ? Dans le PANPLP, ni les uns
ni les autres, et moins encore les élus communaux, ne sont mis face aux
engagements du gouvernement qui, dans son programme, stipule que les
demandeurs de protection internationale (DPI) « seront répar- tis
équitablement à travers le pays. Toutes les com- munes devront
participer et être solidaires en ce qui concerne l’effort de créer des
structures pour DPI14 ». Pas un mot pour rappeler que construire,
aménager ou acheter des logements abordables donne droit à des subsides à
hauteur de 75 % par le gouvernement et même à 100 % lorsqu’il s’agit de
toits destinés aux réfugiés.
Aucune ambition dans le PANPLP
quant à un pourcentage minimal de logements abordables par commune,
alors que l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (OKAJU) demande
carrément l’ins- tauration d’un quota ! Dans une analyse appro-
fondie15, l’OKAJU déplore par ailleurs les absences d’une approche
globale et de données fiables, tout en citant entre autres deux chiffres
: 44 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté et
la Wanteraktioun a accueilli 54 enfants lors de la saison dernière.
Pas de trace des réfugiés
Parmi
d’autres, la Commission consultative des droits de l’Homme avait déjà
tiré la sonnette d’alarme16. Elle s’inquiétait des difficultés
auxquelles doivent faire face les bénéficiaires de protection in-
ternationale (BPI) en termes d’accès au logement, l’Office national de
l’accueil (ONA) ayant d’ailleurs intensifié depuis quelques années le
nombre de procédures judiciaires afin de procéder à l’expulsion de leur
logement. De plus, en cas de fermeture d’un foyer, l’ONA ne reloge pas
les BPI ayant dépassé le délai initialement prévu.
Cerise sur le
gâteau : un projet de règlement grand-ducal prévoyait de retirer les
structures d’hé- bergement pour les réfugiés du cadre commodo/
incommodo, en confiant le respect des normes à l’ONA, par ailleurs
gestionnaire de ces mêmes foyers. En dernière minute, il a été retiré de
l’ordre du jour de la réunion du Conseil d’Etat prévue le 3 février
2026. Le gouvernement voulait changer le cadre réglementaire au lieu
d’adapter ces structures au cadre existant17.
Faute de précisions
dans le PANPLP, référons-nous au programme gouvernemental : « Le
Gouverne- ment demandera à l’Administration des bâtiments publics
l’établissement d’un plan pluriannuel afin de construire de nouvelles
structures pour le réseau d’hébergement de l’ONA. » La demande a-t-elle
été envoyée et reçue ? En tout cas, elle n’a pas trouvé sa place dans le
présent PANPLP.
Et pour conclure, encore le logement
Dans
une carte blanche, Gilles Hempel, directeur de l’Agence immobilière
sociale, expliquait : « Bis zu 192 125,39 Euro netto däerf eng Koppel
mat dräi Kanner pro Joer verdéngen, fir esou eng ëffentlech abordabel
Wunneng kënnen ze kafen. […] Mat knapp 2 Prozent soziale Mietwunnengen
eng vun den niddregste Quoten an Europa. A wat maache mir? Mir baue
Wunnengen a verkafe se un déi Räich. An déi Aarm sti jorelaang op enger
Waardelëscht. Mir brauche vill méi sozial Mietwunnengen a keng
soi-disant abordabel Wunnengen, déi nëmme fir déi mat den décke Paien
abordabel sinn18. »
Voici une réaction qui m’est parvenue : « Wéi
kann ee sech trauen ze schreiwen “augmentation du nombre de logements
abordables” ouni ze soe wéi? »
La phrase citée correspond à l’un
des objectifs figurant dans le PANPLP. Dans ce document, elle est
directement suivie, sans ironie, de l’objectif suivant :
« Faciliter l’accès aux logements abordables. »
Serge Kollwelter, membre fondateur de Forum
https://rtl.lu/news/national/raoul-schaaf-president-
vum-comite-national-de-defense-sociale-712983446 (toutes les pages
Internet auxquelles il est fait référence dans cette contribution ont
été consultées pour la dernière fois le 9 février 2026)
https://mfsva.gouvernement.lu/dam-assets/publications/ pan/01635-mfsva-pnp-brochure-def-bf.pdf
https://csl.lu/app/uploads/2025/10/2025-09_ panorama2025_complet_web.pdf
https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2025/stn40- tcs-2025.html
https://wort.lu/politik/wenn-armut-sich- vererbt/13149348.html
https://cae.public.lu/dam-assets/fr/publications/2024- rapport-dactivits.pdf
https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2024/stn36-tcs. html
https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=24120&lan gId=en
https://gouvernement.lu/fr/publications/accord-coalition/ accord-de-coalition-2023-2028.html
Article
17 de la directive : « Les États membres adoptent les dispositions
nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 15
novembre Ils en informent immédiatement la Commission. »
https://eur-lex.europa. eu/eli/dir/2022/2041/oj?locale=fr
https://chd.lu/fr/dossier/8437
https://logement.public.lu/dam-assets/documents/ publications/observatoire/Note-30.pdf
https://gemengen.zesummeliewen.lu/ gemengepakt-vum-zesummeliewen/
https://gouvernement.lu/fr/publications/accord-coalition/ accord-de-coalition-2023-2028.html
https://okaju.lu/wp-content/uploads/2026/02/ OKAJU-Forum_Kinderarmut.pdf
https://ccdh.public.lu/fr/publications/prisedeposition2. html
https://wort.lu/politik/staatsrat-streicht- umstrittene-verordnung-zu-fluechtlingsstrukturen-von- tagesordnung/128510712.html
https://rtl.lu/news/meenung/carte-blanche/ abordabel-mee-net-sozial-1092365129


