vendredi 20 mars 2026

Déclaration urgente des responsables du pays

20 mars 2026, veille du Festival

A l’occasion d’un raout ce weekend et en tant que  responsables du pays nous mettons les bouchées doubles en matière d’accueil et d’intégration en procédant à un changement de paradigme. Si à ce jour il était question de Härz a Verstand, le coeur cédera la place au Verstand: il s’agit simplement de faire oublier le coeur froid qui a trop marqué notre politique. Nous voulons faire oublier les déclarations  de quelques membres de l’équipe déformées par une presse malvaillante. Au lieu d’analyser notre politique inexistante, les médias ont fait état de notre joie pour chaque réfugié non venu, pour notre dégoût des jeunes hommes ukrainiens fuyant la guerre au lieu de se battre, de la déformation de l’avis de la commission consultative des droits de l’homme sur la mendicité. 


Pour mettre les compteurs à zéro, ces membres sont allés à confesse.


La présente déclaration est placé sous le règne de la RAISON :

1. la cohésion sociale et le vivre ensemble seront sauvés par la déclaration de l’état d’urgence en matière de logement  et la mise en place d’un plan d’action gigantesque de construction de logements.

2. il nous importe de permettre une vie familiale aux réfugiés, les délais pour répondre à une demande de regroupement familial passeront des 35 mois en pratique aux 9 mois prévus par la loi. 

3. le souci de cours obligatoires de langues pour réfugiés prévu depuis novembre 2023 , va démarrer.

4.  Un plan pour construire et rénover des structures d’hébergement pour réfugiés est prêt.

5. pour garantir une répartition des réfugiés à travers le pays, un accord avec le Syvicol est opérationnel

6. un projet de loi pour une couverture universelle des soins de santé sera déposé.


Ces 6 constituants de notre offensive de la RAISON , prévus pour l’essentiel déjà dans notre accord de coalition, vont - enfin- démarrer le 1 avril.


Les responsables du pays

jeudi 19 mars 2026

Umgang mit Flüchtlingen: Rauer Ton, rauere Taten

 


| 19.03.2026  WOXX

Der Ton in Bezug auf Flüchtlinge wird immer rauer. Max Hahn und Léon Gloden spucken rechtspopulistische Töne und ignorieren dabei das internationale Recht.

Flüchtlinge zu unterstützen ist wohl nur dann kein Problem, wenn sie in einem Lager weit weg von Luxemburg sind, wie Außeminister Xavier Bettel in Malawi zeigte. (Foto: MAE Luxembourg)

Familienminister Max Hahn (DP) macht Wahlkampf für die rechtsextreme ADR. Davon zeugen Sprüche wie die Aussage, dass man froh über jede*n Flüchtling sei, der nicht nach Luxemburg kommen. Die tätigte Hahn letzte Woche in einem Interview mit dem „Luxemburger Wort“. Kontext war der Krieg im mittleren Osten: Wie auch andere europäische Politiker*innen will Hahn offenbar keine oder möglichst wenige Flüchtlinge, etwa aus dem Iran, aufnehmen. Dabei gibt es in dem Land laut dem Flüchtlingshilfswerks UNHCR der Vereinten Nationen bereits 3,2 Millionen Binnenflüchtlinge. Im internationalen Recht wie der Genfer Flüchtlingskonvention gibt es aber keine Ausnahmen für Stimmungsschwankungen von Politiker*innen. Es ist ganz klar: Wer vor Krieg und Verfolgung flüchtet, hat ein Recht auf Asyl.

Der ADR gefallen solche Aussagen natürlich sehr gut. „Gut, dass keiner von uns dieser Aussage getroffen hat, dann hätte es wieder geheißen, das sei fremdenfeindlich“, amüsierte sich der Abgeordnete Dan Hardy auf dem Kongress der Partei. Natürlich könnte man Hahn so lesen, dass er nicht will, dass es Kriege gibt oder Menschen verfolgt werden. Doch weder er noch die Wähler*innen, die er mit der Aussage ansprechen wollte, sind naiv. Wer als hochrangiger Politiker in der größten Tageszeitung des Landes eine solche Aussage tätigt, weiß ganz genau, was er sagt. Die Zustände in den Flüchtlingsunterkünften, die Hahn mit gespielter Hilfslosigkeit verteidigt, sind politisch gewollt – Geld ist schließlich da, es wird nur für Aufrüstung und KI-Fabriken ausgegeben („La vie dans les hébergements“; woxx 1839).

Auch der CSV-Innenminister Léon Gloden steigt gerne für die ADR in den Ring. Im Interview mit „Paperjam“ behauptete er, Flüchtlinge kämen aus dem nahen Grenzgebiet in Frankreich nach Luxemburg, um hierzulande Drogen zu verkaufen. Auch wollte er im Februar ukrainische Männer lieber zurück an die Front schicken. Dabei gab es in den letzten 15 Jahren eine Reihe von Urteilen hoher Gerichte, die die Rechte von Deserteur*innen auf Asyl gestärkt haben. Als Jurist weiß Gloden das sicherlich – er fischt, genau wie Hahn, im rechten Wähler*innenbecken.

Mittlerweile ist das Schengen-Abkommen nur noch ein schlechter Witz, und das Mittelmeer bleibt weiterhin ein Massengrab.

Ist das nun ein besonders harter rechter Kurs der DP-CSV-Regierung? Das könnte man meinen, die Realität ist aber leider, dass solche Wortmeldungen durchaus Tradition haben. 2017 sprach die damalige Integrationsministerin Corinne Cahen (DP) von Asylsuchenden aus vermeintlich „sicheren“ Herkunftsländern als „déi, déi eis Misär maachen“. Auch der damalige Arbeitsminister Nicolas Schmit (LSAP) schürte Ängste vor Afrikaner*innen, die Asyl suchen und forderte eine weitere Abschottung Europas.

Im letzten Jahrzehnt wurde alles gemacht, um die EU-Außengrenzen tödlicher zu gestalten. Dies immer mit dem Argument, dann könnten die Binnengrenzen offen bleiben. Mittlerweile ist das Schengen-Abkommen nur noch ein schlechter Witz, und das Mittelmeer bleibt weiterhin ein Massengrab. Allein letztes Jahr sind laut dem UNHCR mindestens 1.952 Menschen auf der Flucht über das Mittelmeer gestorben. Das auch, weil lebensrettende Maßnahmen wie die Seenotrettung aktiv unterbunden werden. Die EU finanziert währenddessen lieber kriminelle Banden, die auf Schiffe von NGOs schießen („Schüsse auf Seenotretter“; woxx 1851).

Die harten Worte werden auch in Luxemburg mit der Umsetzung des EU-Migrationspakts zu Taten: Wer aus vermeintlichen „sicheren Drittländern“ stammt, muss ein schnelleres Verfahren über sich ergehen lassen. Für Homosexuelle aus den „sicheren Drittländern“ Ghana und Senegal heißt das: Obwohl Homosexualität in ihren Heimatländern illegal ist, müssen sie im Schnellverfahren beweisen, dass sie Recht auf Asyl haben. Aber von einer Regierung, die vorsieht, in bestimmten Fällen sogar Kinder einzusperren, kann man ohnehin kaum noch Menschlichkeit erwarten.


Lettre ouverte de la CCDH au Ministre des Affaires intérieures

 

Rapporteur national sur la traite des êtres humains

Forces de l’ordre et droits de l’Homme

Traite des êtres humains

La Commission consultative des Droits de l'Homme (CCDH) a adressé une lettre ouverte au Ministre des Affaires intérieures au sujet de ses propos récents concernant les recommandations de la CCDH dans le contexte de la lutte contre la criminalité organisée, y compris la traite des êtres humains.

"Monsieur le Ministre,

La [CCDH] vous écrit à propos de vos mentions du 5ᵉ rapport sur la traite des êtres humains que la CCDH a publié en tant que rapporteur national sur la traite des êtres humains le 29 janvier 2026. Vous vous y êtes en effet référé à plusieurs reprises et vous affirmez, plus précisément dans votre réponse à la question parlementaire n°3741 du 9 mars 2026, que vous vous engagez à lutter contre la criminalité organisée en suivant les recommandations de la CCDH, notamment par un renforcement des effectifs, une approche multidisciplinaire et un échange international d’informations.

La CCDH salue votre intention de suivre les recommandations du rapporteur national et s’attend à ce que l’ensemble de ses critiques et recommandations soient mises en œuvre. La CCDH a notamment souligné la nécessité d’une coopération transfrontalière et d’une approche multidisciplinaire, en insistant sur le fait que celles‑ci doivent viser la réduction de la précarisation des personnes, l’application rigoureuse du principe de non‑punition des victimes potentielles de traite et la prise en compte systématique des vulnérabilités. Dans son rapport, la CCDH indique aussi que « [l]es débats publics autour de la mendicité sont souvent fortement politisés et basés sur des stéréotypes discriminatoires, alimentant la stigmatisation et la précarisation des populations ciblées. Des amalgames dangereux sont fréquemment faits entre mendicité simple, forcée, organisée ou agressive. Les mesures législatives et réglementaires prises à ce jour ne sont ni basées sur les droits humains, ni sur la lutte contre la traite des êtres humains. Elles suivent avant tout une logique sécuritaire, pénalisant davantage les victimes potentielles, et continuent à être maintenues malgré leur inconstitutionnalité et inconventionnalité apparente ».

La CCDH est donc quelque peu étonnée d’apprendre que vous estimez que la CCDH approuverait des patrouilles conjointes, impliquant la présence d’officiers de police roumains sur le territoire luxembourgeois, comme moyen adéquat pour lutter à la fois contre la mendicité forcée (qui constitue une forme de traite) et la mendicité organisée (qui n’en relève pas forcément et ne devrait pas, en tant que telle, être répréhensible). En ciblant de surcroît spécifiquement une partie de la population par cette mesure que vous qualifiez de « dissuasive », vous risquez d’alimenter les risques d’amalgames et de stigmatisation précités. De plus, sachant que la lutte contre la traite passe avant tout par la mise en place d’une protection effective des victimes potentielles, cette mesure principalement répressive – qui ne semble par ailleurs pas s’inscrire dans une approche multidisciplinaire – risque de s’avérer contre‑productive et contraire aux recommandations du rapporteur national, du Groupe d’expert sur la lutte contre la traite des êtres humains du Conseil de l’Europe (GRETA) ou encore des rapporteurs spéciaux des Nations Unies.

Il nous importe dès lors de souligner que vos références aux recommandations de la CCDH sont le résultat d’une simplification maladroite et hors contexte de ce que la CCDH a écrit dans ses récents rapports sur la traite des êtres humains qu’elle a exposé à la Chambre des Députés. Sans vouloir entrer dans les détails, nous vous invitons de même que tout autre acteur ayant pris part à cette décision à relire le rapport que la CCDH vous a adressé dans le cadre de son rôle de rapporteur national sur la traite des êtres humains. Vos propos, Monsieur le Ministre, illustrent les préoccupations que la CCDH y exprime.

Cela étant, la CCDH vous invite à vous inspirer avec précision et sérénité des positions de la CCDH qui se fondent sur les droits humains afin de développer les mesures que vous entendez prendre. Elle reste bien évidemment à votre disposition pour tout échange à cet égard.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de notre considération distinguée."

Pour plus d'informations sur la mission de la CCDH en tant que rapporteur national sur la traite des êtres humains, ainsi que sur ses recommandations adressées au gouvernement et au parlement en la matière, elle renvoie à son 5e rapport sur la traite des êtres humains portant sur les années 2023-2024.  

vendredi 13 mars 2026

lecture critique du Plan d'action national contre la pauvreté

 

« An dann huet een [an där Etüd vu virun e puer Joer] gesinn, dass bei engem ganz groussen Deel vun de Mënschen [aus dem Réidener Kanton] den Un- deel vum Loyer […] tëschent 60 a 75 % vun deem ausgemaach huet, wat de Revenu war, deen d’Leit haten. »

Raoul Schaaf, président du Comité national de dé- fense sociale (CNDS), sur RTL le 15 décembre 20251

Plutôt que de résumer le Plan d’action national pour la prévention et la lutte contre la pauvreté (PANPLP) qui contient de nombreuses propositions et avancées et que le lecteur peut découvrir facilement2, voici un aperçu des huit principaux axes stratégiques :

  • accès aux droits et aux services sociaux ;
  • aides et prestations sociales ;
  • logement et énergie ;
  • santé et sécurité sociale ;
  • éducation et enfance ;
  • formation continue et apprentissage tout au long de la vie ;
  • activation et emploi ;
  • cohésion


Même si ledit plan n’est pas un document acadé- mique, on peut regretter qu’il ne se réfère qu’à quelques aspects quantitatifs du Panorama social de la Chambre des salariés3 et des rapports Travail et cohésion sociale du Statec4. Christophe Butterwegge, chercheur sur la pauvreté que feu Caritas avait invité à Luxembourg, aurait pu également avoir droit de cité. Dans une interview accordée au Luxemburger Wort, il expliquait : « Die Wirtschaftsstrukturen, die Eigentumsverhältnisse und die Verteilungsmecha- nismen in der Gesellschaft müssen verändert wer- den. In einer marktwirtschaftlich-kapitalistischen Gesellschaft besitzt eine kleine Minderheit das Pro- duktivvermögen und die große Mehrheit verfügt hauptsächlich über ihre Arbeitskraft, die sie gegen Lohn anbietet. Das ist aber schwierig, wenn man gesundheitliche Probleme oder keine Ausbildung hat. Armut ist kein individuelles Schicksal, sondern

Aucune ambition dans le PANPLP quant à un pourcentage minimal de logements abordables par commune, alors que l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (OKAJU) demande carrément l’instauration d’un quota !

ein strukturelles Problem. Sie kann nur als Teil der wachsenden sozialen Ungleichheit verstanden und bekämpft werden. […] Wer vom Reichtum nicht reden will, soll auch von der Armut schweigen. Und wer die Armut wirksam bekämpfen will, muss den Reichtum antasten5. »

Le plan du gouvernement fait l’impasse sur cette façon de voir ; pire encore, une mesure pécuniaire comme l’augmentation des allocations familiales – facile à mettre en place, mais prévue seulement pour 2027 – sera attribuée à tout le monde, à raison de 45 euros supplémentaires par mois pour les en- fants de moins de 12 ans et de 60 euros pour les ado- lescents. 1,1 milliard d’euros a été alloué en 20236 à 201 455 enfants bénéficiaires. En retenant une aug- mentation moyenne de 50 euros par enfant et par mois, on arrive à un chiffre arrondi de 10 millions. En 2023, les données du Statec7 faisaient état de 23,9 % des enfants vivant dans des ménages exposés au risque de pauvreté monétaire. Dès lors, seul un quart des fonds prévus pour l’augmentation des al- locations familiales contribue effectivement à la lutte contre la pauvreté, alors que plus de 7 millions re- lèvent du saupoudrage électoral. Beaucoup d’argent pour peu d’efficacité, même en tenant compte de l’allocation de vie chère destinée aux familles à faible revenu. Pourquoi ne pas allouer l’intégralité de ces 10 millions à ces familles ?

La présente analyse ne se veut pas exhaustive. Je me suis adressé à une quinzaine d’organisations faisant partie des 54 associations et organismes listés comme « parties prenantes » et consultés en amont. Ce serait intéressant de comparer les contributions des uns et des autres avec ce qui se retrouve finalement dans le PANPLP.

Carrément oubliés

Le PANPLP reste silencieux sur le sans-abrisme, se limitant à un renvoi vers un futur plan d’action na- tional spécifique. Or, le 21 juin 2021 à Lisbonne, le Luxembourg a signé un engagement8 pour que d’ici 2030 :

personne ne dorme dans la rue par manque d’un logement d’urgence accessible, sûr et approprié ;
personne ne reste plus longtemps que nécessaire dans un hébergement d’urgence ou de transi- tion avant d’accéder à une solution de logement permanente ;
personne ne quitte une institution sans une offre de logement adéquate ;
les expulsions soient évitées autant que possible et, le cas échéant, accompagnées d’un soutien à la recherche d’un logement ;
personne ne soit discriminé en raison de son statut de sans-abri.

Que de belles ambitions !

Un autre quasi-oubli : la couverture universelle des soins de santé

Selon l’accord de coalition9, le gouvernement Frie- den-Bettel « se prononce pour une couverture uni- verselle des soins de santé (CUSS). Il élaborera les critères précis après une évaluation détaillée du projet- pilote existant ». Selon le PANPLP, il conviendrait d’« élaborer les critères précis pour l’accès à une cou- verture universelle des soins de santé après une éva- luation détaillée du projet pilote existant ».

C’est ce que l’on appelle faire du surplace tout en brassant du vent !

Face aux nombreux working poor, le salaire social mi- nimum est gratifié dans le PANPLP de la phrase sui- vante : « Transposer la directive (UE) 2022/2041 re- lative à des salaires minimaux adéquats dans l’UE. »

La directive aurait dû être transposée le 15 novembre 202410. A ce jour, il n’en est encore rien. Certes, le projet de loi n° 8437 a été déposé le 30 août 202411. Or, un projet de loi ne vaut pas transposi- tion, puisque celle-ci requiert une loi effectivement entrée en vigueur. Généralement, la Commission européenne introduit rapidement des recours en manquement contre les Etats en défaut. Cependant, elle n’a encore entamé aucune procédure contre le Luxembourg, malgré un large dépassement du délai. Il s’avère qu’en matière sociale, la Commission est souvent (très) hésitante pour déclencher une pro- cédure, invoquant la compétence nationale dans ce domaine. Toujours est-il que, par cette directive, elle est intervenue dans ce domaine.

La digitalisation

A deux reprises, il est question de digitalisation : d’une part, pour un accès simplifié au Kulturpass et, d’autre part, pour le recours aux aides au loge- ment. Cependant, pas un mot sur l’accès des pauvres à l’équipement requis, ni sur l’accompagnement nécessaire pour en permettre l’usage, si ce n’est le renvoi à un futur Plan d’action national d’inclusion numérique.

Traitement égal par les offices sociaux

Dans des situations identiques, les aides apportées peuvent varier fortement d’un office social (OS) à un autre. Invoquer l’autonomie des communes, qui assurent le financement de ces OS, fait fi de l’influence du gouvernement qui – par le biais du Fonds national de solidarité (FNS) – rembourse la moitié de leurs dépenses.

Le PANPLP ne dit mot d’une harmonisation des prestations des OS. Or, si 75 % des familles qui auraient droit à la subvention de loyer n’y recourent pas12, les OS ne devraient-ils pas se mobiliser davan- tage à ce sujet ?

Le rôle des communes

Cinquante-deux communes ont signé un pacte communal du vivre-ensemble interculturel13. Le PANPLP entend sensibiliser à la thématique de la pauvreté les coordinateurs de pareils pactes (qui bé- néficient de subsides du gouvernement) ainsi que les commissions communales du vivre-ensemble inter- culturel, obligatoires dans toutes les communes. Qui nierait l’utilité de pareille sensibilisation, qui relève toutefois davantage du vœu pieux que d’une réelle volonté d’agir ? Dans le PANPLP, ni les uns ni les autres, et moins encore les élus communaux, ne sont mis face aux engagements du gouvernement qui, dans son programme, stipule que les demandeurs de protection internationale (DPI) « seront répar- tis équitablement à travers le pays. Toutes les com- munes devront participer et être solidaires en ce qui concerne l’effort de créer des structures pour DPI14 ». Pas un mot pour rappeler que construire, aménager ou acheter des logements abordables donne droit à des subsides à hauteur de 75 % par le gouvernement et même à 100 % lorsqu’il s’agit de toits destinés aux réfugiés.

Aucune ambition dans le PANPLP quant à un pourcentage minimal de logements abordables par commune, alors que l’Ombudsman fir Kanner a Jugendlecher (OKAJU) demande carrément l’ins- tauration d’un quota ! Dans une analyse appro- fondie15, l’OKAJU déplore par ailleurs les absences d’une approche globale et de données fiables, tout en citant entre autres deux chiffres : 44 % des familles monoparentales vivent sous le seuil de pauvreté et la Wanteraktioun a accueilli 54 enfants lors de la saison dernière.

Pas de trace des réfugiés


Parmi d’autres, la Commission consultative des droits de l’Homme avait déjà tiré la sonnette d’alarme16. Elle s’inquiétait des difficultés auxquelles doivent faire face les bénéficiaires de protection in- ternationale (BPI) en termes d’accès au logement, l’Office national de l’accueil (ONA) ayant d’ailleurs intensifié depuis quelques années le nombre de procédures judiciaires afin de procéder à l’expulsion de leur logement. De plus, en cas de fermeture d’un foyer, l’ONA ne reloge pas les BPI ayant dépassé le délai initialement prévu.

Cerise sur le gâteau : un projet de règlement grand-ducal prévoyait de retirer les structures d’hé- bergement pour les réfugiés du cadre commodo/ incommodo, en confiant le respect des normes à l’ONA, par ailleurs gestionnaire de ces mêmes foyers. En dernière minute, il a été retiré de l’ordre du jour de la réunion du Conseil d’Etat prévue le 3 février 2026. Le gouvernement voulait changer le cadre réglementaire au lieu d’adapter ces structures au cadre existant17.

Faute de précisions dans le PANPLP, référons-nous au programme gouvernemental : « Le Gouverne- ment demandera à l’Administration des bâtiments publics l’établissement d’un plan pluriannuel afin de construire de nouvelles structures pour le réseau d’hébergement de l’ONA. » La demande a-t-elle été envoyée et reçue ? En tout cas, elle n’a pas trouvé sa place dans le présent PANPLP.

Et pour conclure, encore le logement

Dans une carte blanche, Gilles Hempel, directeur de l’Agence immobilière sociale, expliquait : « Bis zu 192 125,39 Euro netto däerf eng Koppel mat dräi Kanner pro Joer verdéngen, fir esou eng ëffentlech abordabel Wunneng kënnen ze kafen. […] Mat knapp 2 Prozent soziale Mietwunnengen eng vun den niddregste Quoten an Europa. A wat maache mir? Mir baue Wunnengen a verkafe se un déi Räich. An déi Aarm sti jorelaang op enger Waardelëscht. Mir brauche vill méi sozial Mietwunnengen a keng soi-disant abordabel Wunnengen, déi nëmme fir déi mat den décke Paien abordabel sinn18. »

Voici une réaction qui m’est parvenue : « Wéi kann ee sech trauen ze schreiwen “augmentation du nombre de logements abordables” ouni ze soe wéi? »

La phrase citée correspond à l’un des objectifs figurant dans le PANPLP. Dans ce document, elle est directement suivie, sans ironie, de l’objectif suivant :

« Faciliter l’accès aux logements abordables. »

Serge Kollwelter, membre fondateur de Forum

https://rtl.lu/news/national/raoul-schaaf-president- vum-comite-national-de-defense-sociale-712983446 (toutes les pages Internet auxquelles il est fait référence dans cette contribution ont été consultées pour la dernière fois le 9 février 2026)
https://mfsva.gouvernement.lu/dam-assets/publications/ pan/01635-mfsva-pnp-brochure-def-bf.pdf
https://csl.lu/app/uploads/2025/10/2025-09_ panorama2025_complet_web.pdf
https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2025/stn40- tcs-2025.html
https://wort.lu/politik/wenn-armut-sich- vererbt/13149348.html
https://cae.public.lu/dam-assets/fr/publications/2024- rapport-dactivits.pdf
https://statistiques.public.lu/fr/actualites/2024/stn36-tcs. html
https://ec.europa.eu/social/BlobServlet?docId=24120&lan gId=en
https://gouvernement.lu/fr/publications/accord-coalition/ accord-de-coalition-2023-2028.html
Article 17 de la directive : « Les États membres adoptent les dispositions nécessaires pour se conformer à la présente directive au plus tard le 15 novembre Ils en informent immédiatement la Commission. » https://eur-lex.europa. eu/eli/dir/2022/2041/oj?locale=fr
https://chd.lu/fr/dossier/8437

https://logement.public.lu/dam-assets/documents/ publications/observatoire/Note-30.pdf
https://gemengen.zesummeliewen.lu/ gemengepakt-vum-zesummeliewen/
https://gouvernement.lu/fr/publications/accord-coalition/ accord-de-coalition-2023-2028.html
https://okaju.lu/wp-content/uploads/2026/02/ OKAJU-Forum_Kinderarmut.pdf
https://ccdh.public.lu/fr/publications/prisedeposition2. html
https://wort.lu/politik/staatsrat-streicht- umstrittene-verordnung-zu-fluechtlingsstrukturen-von- tagesordnung/128510712.html
https://rtl.lu/news/meenung/carte-blanche/ abordabel-mee-net-sozial-1092365129









samedi 15 novembre 2025

Langue française en danger ?

 

 Permettez - moi de réagir l'excellent document de l'ASTI  "Langue française au Luxembourg“, document fort intéressant et utile.

Mes quelques remarques n’enlèvent rien à la richesse du document et se veulent un modeste complément.

Dès lors je ne reprendrai pas tous vos constats.

Pour ce qui est de l’emploi du français par exemple au Parlement : jusque dans les années 1970 presque tout se passait en français. Je me rappelle que mon père, tourneur aux CFL avec une scolarité minimale, ramait pour préparer ses interventions à la Chambre en français.

Vous décrivez le français comme langue (seconde) „importée“  sur les épaules des migrants romans: mais n’est - ce pas le cas de l’anglais la deuxième langue apprise de nos jours au Portugal, Espagne et Italie ?

La place prise par l’anglais au Luxembourg n’est guère prise en compte dans votre document. Le magazine „City“ de la capitale est en français et anglais, le compte rendu du conseil communal en allemand et français, le nouvesau grand duc s’exprime em public (aussi) en anglais. Peut - on arrêter l’avancée de l’anglais ?

La langue française est confinée (pour les non -francophones) au milieu scolaire, plus précisément à la salle de classe. Dans les classes supérieures le côté littéraire prend le dessus au détriment de la langue parlée. Deux petites anecdotes : une de nos filles avait en 2e E un excellent prof de français qui parlait pendant 50 minutes, pour les 5 minutes restantes il invitait les lycéens, puisqu’il ne restait que peu de temps et qu’il fallait faire vite, de poser d’éventuelles questions en … luxembourgeois. Poursuivant ses études à Bruxelles elle a du ramer la première année - tout comme sa soeur. Personnellement j’ai donné pendant 15 ans un cours sur l’interculturalité à l’ISERP - en français. Chaque année, en incitant les étudiants à participer, la question a surgi s’ils pouvaient le faire … en luxembourgeois.  3 semestres plus tard ils étaient lâchés sur des enfants pour leur apprendre e.a. le français. Vous soulignez ce phénomène dans votre document. J’avance un critère (non scientifique) : se sentir à l’aise dans une langue. A ce moment les éventuelles fautes de langage (oral) sont secondaires.

Je ne sais si le constat suivant vaut encore aujourd’hui, à savoir que les profs (formés en littérature française) préfèrent les classes supérieures où la littérature est reine et laissent les classes inférieures aux jeunes collègues et aux stagiaires. En Allemagne les études de germanistique ont une filière distincte de Lehramtstudien avec un accent sur Deutsch als Fremdsprache.

Pendant les 1 500 heures de français l’oral est le grand absent : à la sortie du lycée les élèves ne savent guère jurer en français!

Permettez - moi d’ébaucher quelques idées sous jacentes dans votre document que je voudrais développer un tout petit peu:

  • Le programme gouvernemental de 1994 prévoyait le recrutement de native speakers pour les langues: pas de suites, le sujet a disparu dans le programme (avec la même ministre) 5 ans plus tard.
  • Les séjours linguistiques: je ne vous ferai pas l’injure de présenter ceux de l’ASTI en allemand à Wittlich, tout en sachant qu’un nombre limité de jeunes ont pu pratiquer  chaque été pendant une quinzaine la langue allemande de tous les jours.
  • Pour Luxembourg et Grande Région capitale européenne de la culture 2009 l’ASTI avait organisé des séjours croisés entre 3 lycées du Luxembourg avec un lycée de Longwy, Arlon et Bernkastel. Les élèves passaient une semaine dans une famille hôte et recevaient un élève venant de „l'autre côté linguistique“.
  • Ne pourrait - on s’imaginer que chaque lycée du Luxembourg soit jumelé avec un lycée (belge ou français) et allemand avec des séjours croisés dans les familles ? Cela reviendrait moins chers que les séjours à la mer et en montagne où les jeunes du Luxembourg n’ont guère de contact avec les autochtones au delà  du personnel de service.
  • Pareille pratique n’aurait pas seulement des retombées en matière de pratiques des langues, mais encore en connaissance de l’autre, peut être du frontalier de demain.
  • Des projets communs entre lycées „luxembourgeois“, écoles internationales et écoles européennes  du Luxembourg aurait peu d’effets en matière d’émissions de CO2 mais constitueraient autant d’occasions de parler … et de se connaitre.
Quand vous parlez de trilinguisme vous évoquez explicitement le français et l’allemand, traditionnellement on y ajoute le luxembourgeois. Mais n’est - ce pas l’anglais qui s’est engoufré et prend de plus en plus de place? Quelque soit la composition du trilinguisme, il n’est une réalité vécue que par une large minorité des habitants ….