Le manque aigu de logements abordables représente une menace sérieuse pour la cohésion sociale, avertit l‘auteur
- Le gouvernement se prononce pour une couverture universelle des soins de santé (CUSS). Il élaborera les critères précis après une évaluation détaillée du projet-pilote existant.
- Le gouvernement demandera à l’Administration des bâtiments publics l’établissement d’un plan pluriannuel afin de construire de nouvelles structures pour le réseau d’hébergement de l’ONA (Office national de l’accueil) et d’évaluer les besoins de rénovation des structures existantes.
- Les DPI (Demandeurs de protection Internationale) seront répartis équitablement à travers le pays. Toutes les communes devront participer et être solidaires en ce qui concerne l’effort de créer des structures pour DPI.
- Le gouvernement organisera des cours de langues et de vivre-ensemble pour tous les DPI. Ces cours seront obligatoires.
Une lecture rapide de ces lignes pourrait faire croire à un cahier de revendication venant de la société civile. En l’occurrence il s’agit d’extraits du cahier de bord du gouvernement couchés dans son programme de 2023 (pages 103, 186 et 187).
Il y a lieu de noter le mode «futur» des verbes utilisé dans chacune des phrases, témoignant grammaticalement de la volonté d’agir au moment de signer l’accord de coalition.
Entretemps la législature est arrivée à mi-parcours et le constat est brutal: les quatre points sont restés lettre morte. Dès lors le CEO autoproclamé doit prendre les choses en main, à moins de ranger ces promesses aux oubliettes.
Le récent plan d’action national contre la pauvreté a précisé certains objectifs. Nous y trouvons e.a. à la page 40 les deux phrases suivantes touchant à la crise du logement:
- Augmenter la création de logements abordables.
- Faciliter l’accès aux logements abordables.
Pareils constats - largement partagés - risquent de rester lettre morte ou bien être réduits à des projets en cours ou prévus, mais ne répondant aucunement à la pénurie en la matière dont souffrent de larges parties de la société du Luxembourg allant des autochtones aux réfugiés en passant par des citoyens de l’Union européenne et des ressortissants de pays tiers.
Plus de mode «futur» des verbes et moins encore d‘offensive pour répondre à l’état d’urgence…
La pénurie criante de logements abordables risque de mettre gravement en péril la cohésion sociale au moment où le gouvernement cible exclusivement son électorat.
Ne déplaise au CEO, la firme Luxembourg comprend d’autres têtes et bras et le «vivre-ensemble» prôné urbi et orbi risque de prendre des coups. L’absence du «décider-ensemble» justifie-t-elle tout?
Serge Kollwelter,
Luxembourg-Kirchberg
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